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AG de l'IDELIF le 22 septembre Ajouté le 21/09/2007 - Auteur : GEANTS
Le Conseil d'Administration de l'IDELIF (UNADEL Ile-de-France ) et particulièrement nos administrateurs Francis Morin, Directeur de l'Ecole des Territoires et Christine Lang, Directrice adjointe de la Bergerie Nationale, Vous invitent dans le cadre d'une journée festive ouverte à tous, grands et petits): Fête de l'Enfant et de l'Animal* à la Bergerie Nationale de Rambouillet à son Assemblée Générale sous forme d' une:
RENCONTRE FRANCILIENNE des ACTEURS du DEVELOPPEMENT LOCAL de l'économie solidaire, de la citoyenneté... Samedi 22 septembre à 10h15 Bergerie Nationale - Parc du chateau: (fléché) 78120 RAMBOUILLET 01 61 08 68 03 Ordre du jour :
Présentation et Débat sur l'activité de l'Année 2006/2007, Nos rencontres, notre mise en place de projet, intervention de chacun des contributeurs et partenaires: Développement local, Economi Solidaire, Citoyenneté, Développement Durable, Co-Développement... Rapport financier Action de l'UNADEL et Projet IDELIF 2007/2008 ( à partir de la réponse à l'Appel à Projet du Conseil Régional: Participation citoyenne et Intercommunalité)
Acces : Possibilité de train depuis Paris : Arrivée à Rambouillet vers 9h45... Dans ce cas merci de dire qui prend le train à Etienne Courtois qui peut-être à la gare de Rambouillet pour vous véhiculer à la Bergerie (N° : 01 60 69 96 61) ou au N° ci dessus ( Bergerie: Christine Lang)
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AG de l'APFP Ajouté le 19/09/2007 - Auteur : GEANTS
L'Assemblée Générale de l'APFP se déroulera le 20 septembre à Paris à la FNCCR (Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies) à Paris. L'Assemblée Générale aura lieu toute la journée. La première version du programme et un bulletin d'inscription sont en pièces jointes sur le site internet de l'APFP : http://www.pays.asso.fr/ Pour tout renseignement, joignez la permanence de l'APFP au 01-46-62-07-26 Adresse FNCCR : 20, boulevard de Latour-Maubourg Paris 7ème. Métro Invalides ou Latour-Maubourg
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Bloc-notes pour les banlieues Ajouté le 11/09/2007 - Auteur : Olivier Dulucq
Lors du dernier Conseil des Ministres, Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville a présenté un point d'étape sur la concertation autour du futur plan gouvernemental pour les banlieues. Elle s'est ainsi félicitée que le blog qu'elle a lancée "ce que je veux pour ma ville" a déjà eu près de 10 000 contributions. Hors de l'internet point de salut ? Est-on condamné à ce simulacre de démocratie directe, de démocratie d'opinion. N'est-il pas possible d'imaginer, comme on vient comme Fadela Amara du milieu associatif, des mobilisations citoyennes un peu plus organisées, plus construites, plus ascendantes et descendantes ? Nous vous renvoyons à la lecture d'un article de Pierre Mahey de l'Adels qui est assez pertinent : http://democratielocale.files.wordpress.com/2006/12/democratiedopinion_mahey.pdf Nota Bene : En France, la Commission générale de terminologie et de néologie a choisi le mot bloc-notes pour traduire blog, ce qui rend son utilisation obligatoire pour les administrations et services de l'État français. C'est peut être moins tendance, mais cela reste pas mal. |
Clarifier, toujours et encore Ajouté le 11/09/2007 - Auteur : Olivier Dulucq
Extrait du site du Premier ministre qui relance une nouvelle fois la clarification des compétences entre les uns et les autres. Vingt années de travail et c'est de moins en moins clair... Mais cette fois-ci !Clarifier les relations entre l’Etat et les collectivités localesRedéfinir un nouveau partage des compétences entre l’Etat et les collectivités : c’est la mission confiée par François Fillon, le 5 septembre, à un groupe de travail présidé par l’ancien ministre Alain Lambert. Elle s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques lancée par le Gouvernement. Dans une lettre de mission adressée à Alain Lambert, le Premier ministre a tracé les pistes de réforme à examiner en priorité : les missions de chacun devront être clarifiées "dans la perspective d’un désenchevêtrement de leurs périmètres d’intervention respectifs" ; l’idée est d’effacer "les contradictions entre les décisions des collectivités territoriales et les politiques publiques menées par l’Etat" ; les relations financières entre Etat et collectivités doivent être simplifiées : des marges de manœuvre seront données aux collectivités pour "maîtriser leurs dépenses" ; les contraintes réglementaires que fait peser l’Etat sur les collectivités devront être allégées.
Le groupe de travail associe, outre les ministères de l’Intérieur et du Budget, des représentants des principales associations d’élus, dont l’Association des maires de France (AMF). Un rapport devra être rendu au Premier ministre le 15 novembre. |
Université d'été Emploi, compétences, terroires" Ajouté le 23/08/2007 - Auteur : GEANTS
"Les territoires de Languedoc Roussillon en action" Sur les territoires, dans les diverses instances agissant dans le champ du développement économique, de l'emploi, de l'insertion et de la formation, dans les associations et les entreprises de l'économie sociale, dans les services des collectivités et de l'Etat, de nombreux acteurs interviennent sans véritable coordination entre eux, tous dépendant largement des concours publics de l'Etat, de l'Europe et souvent des collectivités territoriales. C'est pour échanger sur les expériences, prendre connaissance des innovations, explorer les problématiques de développement en devenir et permettre une mise en réseau des acteurs de l'ingénierie territoriale que la DRTEFP de Languedoc Roussillon, l'Université de Montpellier et de nombreux autres partenaires régionaux (ainsi que l'UNADEL) organisent les 29, 30 et 31 août prochains la première Université d'été "Emploi, compétences et territoires" à Montpellier. Parmis les nombreux thèmes qui seront abordés : viellissement de la population et territoire, mutations de l'agriculture et de la viticulture, énergies renouvelables, activités touristiques et emploi... Pour tous renseignement, consultez le site : http://www.univ-ect.dideris.com/ |
Compte rendu du séminaire ADELS/UNADEL du 5/07/07 Ajouté le 21/08/2007 - Auteur : GEANTS
"L'Adels et l'Unadel prennent la Bastille ! " – Acte I – 5 juillet 2006 - Présents : • Pour L’Unadel : Cécile de Blic, directrice du Carrefour des pays Lorrains (CPL), administratrice Claude Grivel, président du CPL, maire et président de communauté de communes, vice-président François Poule, universitaire, administrateur Hélène Schwartz, directrice générale des services de la Communauté de communes de la Lomagne Gersoise, Présidente de l’association « Profession développement », administratrice Stéphane Loukianoff, chargé de mission à l’Unadel Jean-Pierre Dodet, chargé de mission auprès du président du CG de Meurthe-et-Mosellle José Dhers, Idelif, administrateur unadel Jean Guevel, chargé de mission développement culturel, administrateur Idelif Sandrine Castel-Biderre, Chargée de mission du conseil de développement de la communauté d’agglomération d’Angers, administratrice Martine Théveniaut, Base Aude, administratrice Fabien Lestrade, chef de proejt du Pays de la Bourgogne nivernaise, Équilibre, administrateur Jean-marc Binaud, chf de projet du Pays de Saint-omer, Géants, administrateur • Pour l’Adels : Yves Peuziat, militant à Rouen, adhérent Céline Braillon, présidente Jacques Picard, chargé de formation Alain Cosset, militant dans le 20e, adhérent Alix Guibout, conseils de quartier du 12e, adhérente Florence Fréry, conseils de quartier de Montreuil, ingénieur culturelle, adhérente Bruno Faucher, coordonateur de Départ, adhérent Nicolas Leblanc, rédacteur en chef de Territoires Sylvie Barnezet, directrice de communication de la communauté d’agglomération de Grenoble, administratrice Jacques Pouzet, Aderci Normandie, adhérent Serge Depaquit, vice-président Bruno Rouyer, éducation à l’environnement, Val-de-marne, adhérent Georges Gontcharoff, administrateur Caroline Plançon, chercheuse, droit public, concertation, adhérente Gérard Tissier, conseil de quartier du 11e, adhérent François Hannoyer, directeur • Les doubles casquettes : Yves Gorgeu, Mairie-conseils, administrateur Adels et Unadel,Gérard Logié, administrateur Adels et Unadel • Les partenaires : Sophie Tolachides, 4D Prise de notes : Stephane Loukianoff, Nicolas Leblanc, Florence Fréry. La journée est animée par Cécile De Blic (UNADEL/CPL) et François Hannoyer (ADELS). Elle est lancée par une synthèse de la contribution du texte de Martine Théveniaut. Le groupe est invité à se séparer en trois sous-groupes, afin de traiter chacun une des questions suivantes : Q1 : Entre compétition libérale et autonomie des territoires : comment le développement local promeut-il un développement soutenable ? Q2 : Dans quelle mesure la démocratie délibérative permet une approche ressource du territoire et un développement de projets sur cette base ? Q3 : Comment lier développement durable et mobilisation sociale dans les projets de territoire ? Les débats en sous-groupe doivent suivre le schéma de questionnement suivant pour des restitutions homogènes l’après-midi. 1) Partir de l’existant. Les initiatives territoriales (satisfactions et limites ; freins rencontrés et atouts à faire valoir ; acteurs concernés) ; 2) Evaluation : quels toilettages de notions évoqués doivent être envisagés pour une action locale plus pertinente ? Avec quels objectifs ? 3) Quels rôles respectifs pour les acteurs locaux (et particulièrement les associations locales) et pour les associations de 2e niveaux comme l’Adels et l’Unadel ? Départ en sous-groupes. Groupe 3 : Comment lier développement durable et mobilisation sociale dans les projets de territoire ? Prises de notes : Nicolas Leblanc, rapporteur : Stéphane Loukianoff , animation : Bruno Faucher. Tour de table des ressentis de chacun sur le thème par rapport à ses expériences locales : Claude Grivel : "on s’aperçoit localement que la notion de développement n’est absolument pas partagée. La 1ere difficulté, c’est de mettre toutes les composantes de la société autour de la table pour construire en commun. C’est dur, parce que chacun vient d’abord pour défendre ses intérêts. On a mis en place au niveau communal des conseils de village, maintenant des assemblées de village, avec la possibilité d’inscrire des points à l’ordre du jour, mais cela fonctionne très peu. Par contre, les gens viennent pour parler de ce qu’il y a à l’ordre du jour, quand ils sont concernés personnellement. Au niveau de la communauté de communes, on a mis en place une démarche participative sur la base d’une charte d’engagements, dès avant l’élection. La charte a été revisitée et délibérée en cours de mandat. Cette charte a permis de mettre en place les 1ere assises du développement, ouvertes à tous sur le territoire. Les premières assises ont affiché des priorités de travail sur le territoire. On a bâti un projet de territoire, avec des groupes mixtes élus – non élus. Le projet a été validé aux assises suivantes. Puis il a été délibéré, et c’est sur cette base que nous avons contractualisé avec l’État et la région. Dernier étage : à partir de trois communautés de communes, on a contractualisé un Pays de 7 communautés de communes en 2005, autour d’une charte, avec comme objectif prioritaire le développement durable. Le pays a alors construit un agenda 21, validé depuis peu. Question : comment faire en sorte que les différentes catégories sociales qui composent le territoire puissent être dans la construction d’un projet de territoire, alors que l’outillage démocratique ne le permet pas aujourd’hui, surtout qu’aux élections tout peut être balayé par une alternance politique ? Il y a un fossé entre le monde associatif, hyper motivé et pointu sur leurs créneaux, mais qui a beaucoup de mal à parler le même langage que tout le monde, et le monde économique, qui lui parle un langage très simpliste, avec une volonté de simplification (« si il n’y avait plus de politique, ça ira mieux ») ; et la grande masse des gens qui ne participent qu’à partir du moment où ça la concerne en propre". Stéphane Loukianoff : "J’ai travaillé en Franche-Comté : nous avons monté une plateforme interassociative du développement durable. C’était un projet associatif global sur un territoire, vers tous les publics. On a fait de la sensibilisation avec les scolaires, dans des réunions publiques, on a proposé d’accompagner les élus sur des projets, en amont ; on proposait des diagnostics énergétiques gratuits aux particuliers. En fait, on a eu du mal dans les écoles à travailler avec les enseignants ; dans les réunions publiques, il n’y a presque eu personne ; les élus n’ont pas plus accroché. Le projet était certes parachuté, mais il était très concret, mais il n’a pas rencontré de réponses. Autre expérience, à Géants, sur les conseils de développement, on sait qu’il y a des publics qui ne sont pas du tout présents. Souvent, ce qui est intéressant, c’est de travailler sur l’expression ; ce qui pose problème, pour que des gens s’impliquent dans des projets de territoires tournés vers le développement durable, c’est la capacité à se sentir concerné, puis à s’exprimer. Il y a encore beaucoup besoin de travailler avec l’éducation populaire, en termes pédagogiques, sur comment rendre les gens acteurs (méthodologie de capacitation)." Bruno Faucher : "On est encore dans une vision très élitiste des choses. Il y a les citoyens sup’ : élus, techniciens, militants associatifs, qui comprennent. Il y a les citoyens sous : le reste, ceux qui ne s’intéresse qu’au voisinage. Si on ne sort pas de ce schémas mental, on n’ira nul part… On veut toujours former les sous’, au lieu de travailler sur comment faire pour que les gens s’organisent pour travailler sur des choses qui les intéressent. Ça remet en cause notre idée « globale » de la démocratie, certes…" Sophie Tolachides : "4D anime un observatoire de 200 collectivités qui travaillent sur le développement durable et les agendas 21 locaux. Juste un exemple : le conseil général de l’Essonne, pour monter son agenda 21, s’est demandé comment lier les volontés des élus avec les intérêts des habitants. Les techniciens ont lancés une enquête après de 1000 habitants, en leur posant la question : comment vous projetez-vous dans 10 ans dans l’Essonne ? Un film a été réalisé à partir de cette enquête, qui a été visionné par les élus. Ils ont ainsi pu entendre ce qu’en pensait les habitants." Serge Depaquit : "Je ne crois pas que le citoyen soit uniquement concerné par le local. Il y a des grandes questions, comme l’énergie, l’agriculture, qui les intéressent. La démocratie ne doit pas être la religion de la proximité. Le local se relie à d’autres questions. Stratégiquement, il faut s’appuyer à certains moments sur le consumérisme, s’en emparer pour « élever les consciences ». Il faut redéfinir le lien entre développement durable et démocratie, qui n’en est pas un volet d’accompagnement. La démocratie et le développement durable se questionnent l’un l’autre. L’éducation populaire, c’est pas seulement expliquer, c’est mettre en situation de responsabilité." Yves Gorgeu : "Le développement durable, c’est ce qui va permettre de faire le lien entre le local et le global, entre l’individuel et le planétaire. À travers le développement durable, on peut faire des remises en cause considérables sur tous les rouleaux compresseurs qui gouvernent l’économie, le politique, le social, le libéral… C’est une occasion extraordinaire qui s’ouvre, parce que le développement durable touche les comportements individuels. Travail de responsabilisation de nos actes quotidiens par rapport à tout notre environnement, que l’on cautionne tous les jours par nos actes, nos comportements et nos achats. Ce qui est important dans le dev durable, c’est le processus éducatif. Il y a une question sensible aujourd’hui, c’est la question énergétique. Il commence à y avoir une prise de conscience globale : l’effet de serre parle autant aux grands groupes multinationaux qu’aux particuliers. L’empreinte écologique, ça commence à parler aux gens." Stephane Loukianoff : "Les associations de consommateurs travaillent sur ce secteur. Il faut privilégier les aspects les plus pratiques si on veut avancer nombreux. Les citoyens éclairés ont conscience qu’on a besoin de solutions globales : mais c’est aussi paralysants de devoir penser des réponses globales. Il es plus intéressant de passer par des approches très pragmatiques, et les relier à des questions globales par la suite." Claude Grivel : "Si le développement durable c’est se séparer du tiers monde dans nos échanges, ça pose problème. Difficulté de responsabiliser les individuels si les grands acteurs collectifs ne font pas d’efforts. Risque très fort de décourager durablement les gens si les choix mondiaux économiques ou politiques ne vont pas dans le bon sens. Les sujets qui sont les plus difficiles pour mobiliser les gens : la maîtrise de l’espace, l’économie et les transports. Ce sont des sujets qui montent les gens les uns contre les autres, qui ne permettent pas de convergences." Yves Gorgeu : "Une des questions fondamentales, c’est de savoir comment on peut agir sur les décisions des grandes multinationales. L’important sur les actions individuelles, ce n’est pas de les additionner, c’est de les rassembler dans un élan collectif fort, porté notamment par les collectivités locales, en lien avec les associations, pour jouer sur des choses qui peuvent avancer. D’expérience, sur la question de savoir comment on peut faire pour augmenter le nombre de gens qui se sentent concernés par le développement durable, on voit que les actions qui expliquent, très simplement, comment des gestes peuvent permettre de faire des économies, pour les gens comme pour les entreprises, ça mobilisent." Sophie Tolachides : "Les grands médias et la publicité ont un rôle très important. Ils diffusent des messages soit catastrophistes, soit du marketing consumériste… Nos actions ont besoin au contraire de positiver l’avenir, de dire que demain peut être différent…" Nicolas Leblanc: "On a beaucoup parler des gestes concrets, du fait de devoir partir de ce qui concerne les gens pour agir et les mobiliser. Par ailleurs, on a évoqué le fait que l’argument économique, notamment, pour les classes sociales les plus fragiles, était efficace pour changer les comportements. Tout cela est vrai, mais attention au côté pervers de cette seule approche. D’une part, cela me rappelle l’injonction de participation que la politique de la ville a fait tomber sur les populations des quartiers d’habitat social : puisqu’ils sont pauvres, qu’ils n’ont pas de pouvoir, et qu’en plus leurs liens sociaux sont défaits, c’est à eux que l’on va demander de participer le plus, à tout (sauf aux décisions). Parce que c’est un public « facile », attention à ne pas concentré sur eux les demandes d’efforts de changements de comportement, en oubliant les populations qui consomment à outrance et qui ne sont guère touchées par des arguments d’économies de quelques centaines d’euro par an sur le chauffage ou l’énergie… D’autre part, il y a une limite à ne se concentrer que sur ces gestes « concrets » : c’est un triple entonnoir : d’abord ce ne sont que des gestes environnementalistes, jamais sociaux ou de changement de gouvernance : trop compliqués. Ensuite ce sont des gestes « gagnant gagnant » (présentant des possibilités d’économies pour les particuliers ou les entreprises, par exemple) : on parlera plus tard, ou jamais des changements qui demande de réels efforts. Enfin ce sont des gestes « quotidiens », « simples » ; la mobilité, la localisation de l’économie, l’aménagement du territoire repassera…Cela fait quand même des zones d’ombres énormes…" Stéphane Loukianoff : "Le rôle de l’Adels et de l’Unadel, ce n’est pas forcément de communiquer sur les bonnes pratiques. Nous, c’est au niveau des collectivités, mais aussi des réseaux associatifs qui sont en bonne partie des acteurs innovants, qu’il faut intervenir. Il faut aider les réseaux d’éducation populaire et les associations qui travaillent sur les bonnes pratiques à mieux intéresser les collectivités, pour que celles-ci se les approprient (apports méthodos et déstigmatisation des associations pionnières)." Bruno Faucher : "Valoriser les bonnes pratiques, c’est un peu court. Serge Depaquit Et il faut se poser la question : c’est quoi les bonnes pratiques ? Uniquement les pratiques individuelles ? Oublie-t-on les pratiques collectives ?" Claude Grivel : "Dans les mois qui viennent, ce qui est nécessaire, c’est que l’Adels et l’Unadel disent des choses au ministère, et dans les campagnes électorales qui se préparent. Il faut qu’on y travail au plus tard cet automne." Yves Gorgeu : "L’idée est de revisiter le rôle des élus locaux dans une perspective de développement durable..." Serge Depaquit : "… et de construire un argumentaire pour les candidats en vue des municipales." Retour en grands groupes, les trois sous-groupes font leur synthèse : Groupe 1 (Entre compétition libérale et autonomie des territoires : comment le développement local promeut-il un développement soutenable ?) Rapporteuse : Céline Braillon. "Les constats : Remise en question du mot autonomie (des territoires). C’était vrai il y a trente ans, ce n’est plus vrai : interdépendance totale entre les territoires, même grande dépendance vis à vis de l’État. Il y a une mise en tension permanente : l’État soutien les territoires, et étouffe leur créativité. Le développement local est caractérisé par les ressources sur lesquelles il s’appuie. Derrière ressources : quelles sont-elles ? S’appuie-t-on sur les bonnes ? Les économiques ? Non, plus large. Et on est plus sur réparation que sur mobilisation de ressources. Frein : absente de mémoire. Savoir faire non transmis. Complexité du système économique. On passe d’un économie de production à une économie financière, qui est très difficile à maîtriser. La compétitivité domine. Quelles sont nos marges face à celà ? Absence de lieu de confrontation entre les différents acteurs. Pas ou galvaudés (les vrais questions n’y sont pas posées). Problème de l’omnipotence de l’élu : soit il permet, soit il ne permet pas la délibération. Absence de dialogue inter-territoriaux. Entre les territoires, où est le contrat social, le contrat républicain ? Où parle-t-on de l’intérêt commun ? Question des inégalités territoriales qui augmentent, etc. Les notions revisitées : « Territoire » : c’est un espace gouverné. -> gouvernement -> règle. Déontologie verticale, d’autres à inventer. [débat : territoires = espaces de gouvernance ou espaces de vie, ou espaces appropriés… ?] Redéfinir les contours des territoires, les limites… qui les définit ? On assiste à un remaillage des territoires administratif, une concentration importante. « Diagnostic » : on met tout et n’importe quoi derrière ce mot… Souvent, les diagnostics n’incluent pas l’ensemble des ressources. « Économie » : valorisation des richesses immatérielles." Groupe 2 (Dans quelle mesure la démocratie délibérative permet-elle une approche ressource du territoire et un développement de projets sur cette base ?) Rapporteur : gérard Logié - "On a commencé par un tour de table qui a fait apparaître des positionnements et des centres d’intérêts. - Le débat fait perdre du temps, sauf si c’est pour co-construire - nlles technologies - c’est quoi « ressources » ? - On mobilise que quand il y a problème ? Comment passer d’une mobilisation « contre » à « pour » ? - comment intégrer les différents lieux de participation sur un territoire ? - quatre situations concrètes : 1). réinsertion d’employés dans les entreprises locales suite à une fermeture (hélène) 2). grenoble : comment mobiliser les jeunes ? porte d’entrée : l’habitat, puis groupes de travail sur la caution, la coloc, etc. 3). plan climat à Paris qui se prolonge par un atelier 21 ; problème de ré-appropriation par les habitants de ce qui a été fait 4). meylan et bamako ont travaillé sur un projet à bamako sur l’eau. La coopération française vient foutre ses pieds dans les conseils de développement participatif ascendants. La question du temps : mobiliser sur la durée, et savoir comment réagir dans un temps court La question d’une mobilisation thématique et / ou institutionnelle. Avoir des étapes vérifiables dans les processus délibératifs. Des espaces de délibération doivent être plus ou moins ouverts." Groupe 3 (cf notes exhaustives plus haut). Le débat s’engage sur les constats et les notions revisitées : Yves Gorgeu : "Où sont prises les décisions sur un territoire, par qui, avec quelles légitimités ?" Jean-Pierre Dodet : "Co-construire un projet, le valider, engager des fonds publics, le réaliser, l’évaluer : le tout est un processus complet." Serge Depaquit : "C’est le processus décisionnel qui est important. On est à l’époque de la division de la décision. Mais entre les institutions. Le partage du pouvoir, c’est comment on gère cette division de la manière la plus juste et efficace possible. La gouvernance, c’est le partage de la décision entre les trois pôles de la triarticulation sociale (politique, économique, civique)." François Hannoyer : "Un des soucis c’est de rendre visible les lieux de gouvernements sur les territoires." Georges Gontcharoff : "On ne peut plus parler de « développement local », c’et vague, c’est évolutif. On n’est plus dans le même monde qu’il y a quinze ans. Le problème c’est le passage de relais. Exemple : dans le Menée, il y a une grande effervescence sociale, associative et culturelle, mais aucun jeune ne veut s’engager dans la politique locale." Cécile de Blic : "Il faut aussi poser la question de la finalité de la mobilisation et de la délibération…" Céline Braillon : "Justement, le sens du développement durable, c’est la transformation sociale. Ne jetons pas les mots avec l’eau du bain, parce qu’Aréva fait des spots sur le développement durable et que nous devrions basculé dans la décroissance !" Claude Grivel : "Dans le développement local, on est passer du militantisme à un professionnalisme qui re-recherche le sens de ce qu’il fait. Les sous-groupes synthétisent les propositions d’actions." Groupe 3 : - L’unadel et l’adels aident les élus à revisiter leur rôle par rapport au développement durable. - "" pourraient travailler auprès des collectivités qui sont souvent trop techniques, notamment au regard des publics qui sont pas ou peu touchés. - dé-stigmatiser des associations qui portent des pratiques qui sont à la mode, mais qui eux sont pas légitimes… - premier objectif : préparation des prochaines municipales. Travail sur un argumentaire fort développement durable pour les candidats. Groupe 1 : - Les associations ne savent pas valoriser leurs productions. Créer un instrument comptable pour chiffre cette complexité. Adels et unadel pourraient s’associer pour mener cette expérimentation dans les territoires. Groupe 2 - Faire en sorte que la société civile structure positivement son projet. Ça doit être aidé. La juxtaposition des projets associatifs ne fait pas un bien commun automatique. - vers les élus : aider à faire que la nouvelle conception du rpôle des élus que sous-entendrais cette recherche de participation sur leur ter soit pour nous un reflexe de captation qu’on amplifie. Repérer ces élus, les comprendre, les faire parler à d’autres élus qui sont moins avancés. Dans la revue : accent encore plus fort sur . - structurer davantage le local et le global. Quand on a une réponse localer, qu’on ait conscience que ça bénéficie à la planète. Débat final sur ces propositions : Bruno Faucher: "Valoriser la société civile et les relations sociales avec des instruments comptables, chiffrés, monétarisés, c’est rentrer dans une logique perverse." Martine Théveniaut : "De plus, quand on valorise le bénévolat dans un dossier de subvention, on nous l’enlève toujours à la fin de la somme versée. On est toujours perdant." Sylvie Barnezet : " L’objectif est plus d’améliorer les critères d’évaluation des politiques publiques, qu’elles soient menées par les collectivités ou la société civile. C’est un travail qui est déjà en cours dans les territoires." Jean-Pierre Dodet : "La valorisation se fait aussi par… l’établissement d’un rapport de force. Il y a d’autre voies de valorisation que des critères quantitatifs." Georges Gontcharoff : "Il y a aussi les Pays, les PNR, les agents de développement, les associations régionales, etc., qui réfléchissent aussi sur ces sujets développement local – développement durable. Il faut faire le lien avec eux pour la suite. Il faut décaper la notion de réseau. Pour les municipales, il y aura déjà le texte sur l’intercommunalité (rurale)." Sylvie Barnezet : "Je pense que Territoires ne suffi pas pour rendre visible ce qu’on fait, donner envie, faire rapport de force. On est dans une société de média. Tous les jeunes utilisent les médias électroniques, la télé. Il faut investir ce secteur." Yves Gorgeu : "Le développement durable, c’est bien une idéologie, et non pas juste des éco-gestes. Et ce n’est pas la même chose que le développement local. Donc il faut écrire ça pour les municipales. Idéologie du lien entre la proximité et le planétaire, sur la responsabilisation de chacun à toutes les échelles." François Hannoyer: "Faisons un jury citoyens sur : le développement durable peut-il servir à quelque chose pour faire avancer la question sociale ?" Stéphane Loukianoff : "Faisons une plate forme expérimentale d’échanges entre des praticiens du développement durable et des membres d’instances de concertation et des élus." Bruno Faucher: "Nous sommes plusieurs associations en région à travailler sur la formation des candidats aux municipales dans une perspective de développement durable. L’adels et l’unadel seront-elles une tête de réseau sur ce projet ?" Claude Grivel : "Il n’y a pas que les municipales pour les municipales (l’interco et autres) il faut donc travailler sur des contrats de bonne gouvernance. (ne pas se mobiliser seulement dans la période courte de la campagne, mais dans le temps du mandat.)" Cécile de Blic: "En conclusion : quatre pistes de travail commun : 1) en visant les élections locales, travailler un argumentaire qui donne des billes sur comment mettre en place une démarche DD, avec un contrat de gouvernance, et une vision intercommunale. 2) valorisation, identification de critère de tous ce qui n’est pas repéré aujourd’hui dans la richesse d’un processus de développement sur un territoire 3) expérimentation sur les espaces de délibération ; dd et mobilisation ; nlles techs ? 4) qu’est-ce qui fait réseau ?" Rendez-vous le 14 septembre pour l'Acte II du séminaire ADELS / UNADEL |
Développement local : utopie ou imposture ? Ajouté le 21/08/2007 - Auteur : GEANTS
Contribution au séminaire ADELS/UNADEL par Fabien LESTRADE Le « développement local » est depuis de nombreuses années utilisé pour décrire toutes sortes de dynamiques ou de procédures mises en œuvre sur des territoires ruraux et urbains. Le « développement local » est managé par un « agent de développement local », chargé de mettre en œuvre la stratégie et la « charte de développement local », permettant d’accéder au « contrat de développement local » et de sa cohorte de financements publics. Beaucoup d’énergie en temps, en rencontre, en discussion, en négociation, pour susciter des envies et des espoirs, parfois des réalisations plus ou moins heureuses. Mais parle-t-on de la même chose ? Toutes les démarches sont-elles similaires ? Peut-on stéréotyper les causes et les effets engendrés ? On pense en image, on s’exprime en mots. Les quelques lignes ci après ont pour ambition de nommer ma propre image du développement local. De la plus-value du développement Tout d’abord la notion de « développement » impose une plus-value de l’état de départ par rapport à l’état d’arrivée. Cette dernière peut être calculée en accroissement des richesses locales (individuelles ou collectives) mais aussi, ce qui est moins quantifiable, en terme de bien-être, d’amélioration de la qualité de la vie des habitants. Il s’agit là d’un enjeu pour la pérennité des dynamiques de développement mises en œuvre sur les différents territoires. Les réductions des financements publics tant au niveau de l’Etat que des collectivités locales, imposent aux dirigeants de ces structures de faire des choix. Il est donc important de donner du sens aux actions mises en oeuvre, et de pouvoir les évaluer et les quantifier. Sans cela, on prend le risque de privilégier les actions quantifiables par rapport aux actions qualifiables. L’exemple de la mobilisation citoyenne est un exemple concret. Comment mesurer la plus-value apportée par les bénévoles dans la conception d’une action publique ? Comment mesurer les retombées d’une semaine de formation aux techniques vocales à destination des habitants d’un petit village aboutissant à une création artistique ? L’évaluation de la plus-value doit être une préoccupation dès la conception de l’action. Sinon, elle ne sert qu’à justifier l’action suivante sans vérifier l’apport réel pour le territoire concerné. Le gaspillage est l’apanage des riches. Les collectivités ne le sont que très rarement. Le territoire des uns est il le local des autres ? Les territoires organisés se multiplient : aux communes et leurs intercommunalités, aux pays, départements et régions, on ajoute des zonages d’intervention de tel ou tel service public ou para public (Education nationale, URSSAF, ANPE, ASSEDIC, La Poste, …) que l’on croise avec des territoires de santé ou des zones de revitalisation rurale… Il devient difficile d’y voir clair. De plus, chacun de nous a une notion différente de son territoire : le bassin de vie de l’habitant n’est pas le même pour l’entreprise dans laquelle il travaille. Le découpage administratif de la France n’est plus forcément pertinent. L’utilisation généralisée de la voiture et les facilités de déplacements ont considérablement agrandis notre perception de notre bassin de vie. Que chacun voit midi à sa porte n’est pas en soit un problème. Sauf que chaque échelon administratif a des compétences, des pouvoirs et des devoirs. Malgré les essais de clarification concernant la décentralisation, force est de constater que tout le monde fait tout, et qu’il devient ardu de définir les responsabilités respectives en cas de mauvais fonctionnement d’un service ou d’une action. Par ailleurs, on assiste en ce moment à une pression forte de la part des penseurs de l’aménagement du territoire pour inciter les regroupements (fusions) des structures intercommunales entre elles. L’idée est que ces structures de gestion doivent pouvoir faire des économies d’échelle si elles sont de taille suffisante. Les Français sont très attachés à la notion de commune. Les tentatives de suppression de cet échelon se sont toutes soldées par un échec. Le transfert des principales compétences des communes aux communautés de communes ayant été fait, il est logique de pousser à leur fusion. Il est probable que dans un certain nombre de cas cela sera bénéfique pour les habitants (réductions des coûts de fonctionnement, péréquation des recettes fiscales, …). Mais le territoire reste t il local ? Une intercommunalité de 5 ou 6 cantons permet elle une proximité géographique ? La définition du local n’est donc pas la même que celle du territoire. Le local est subjectif alors que le territorial est objectif. On pourrait même considérer que le local est individuel et le territorial collectif. Certains considèrent le territoire comme un espace habité. La présence des habitants ne me semble pas suffire à qualifier un territoire. En effet, si on considère des territoires de santé par exemple, on se rend bien compte que ce n’est pas la présence des habitants qui a justifié ses limites mais bien l’organisation des services de soins. Une autre définition, qui de mon point de vue est complémentaire à la première, est un espace gouverné, c'est-à-dire ayant des modalités de gouvernance organisée qui lui son propre. Gouvernance territoriale : entre démocratie participative et gestion administrative Selon Pierre Bourdieu, dans Les structures sociales de l'économie : « gouvernance » est un de ces nombreux néologismes, qui, produits par des think tanks et autres cercles technocratiques et véhiculés par les journalistes et les intellectuels « branchés », contribuent à la « mondialisation » du langage et des cerveaux. La gouvernance s’est, d’après le dictionnaire Larousse, « la manière de gérer, administrer ». Il est regrettable que ce mot ai été approprié par une catégorie de personnes qui souhaitent mettre en œuvre un contre pouvoir face aux modalités actuelles d’administration des territoires, créant ainsi un amalgame entre les deux notions. L’administration territoriale est l'organisation institutionnelle et administrative d'une zone géographique, alors que la gouvernance est le processus de réflexion, de concertation, de négociation et de décision des actions collectives. Il me semble que la gouvernance peut autant s’appuyer sur des processus de décision érigé dans le cadre d’une démocratie représentative aussi bien que dans un cadre de démocratie participative. Les deux notions peuvent et doivent cohabiter. La démocratie participative est le fait de donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de participer à l’élaboration (réflexion et concertation) d’un projet collectif. Il appartient à ceux qui sont élus d’en décider la mise en œuvre, dans un cadre règlementaire et financier dont ils n’ont pas toujours la maîtrise. De l’autonomie territoriale « En dessous de 80% de subvention, on ne part pas ! » et voilà un plan de financement rondement mené. Les collectivités françaises ont l’habitude de pratiquer le financement croisé de leurs actions. Chaque élaboration de plan de financement est l’occasion de tractation, voir de mendicité entre les collectivités ayant ou non la compétence requise. On a tous en tête le montage financier d’un bâtiment relais ou d’une salle culturelle faisant appel aux fonds européens, aux dotations et subventions de l’Etat, du Département et de la Région, avec parfois une touche de fonds de concours de la part de la commune intéressée. Quelle crédibilité devant le contribuable ? Se pose néanmoins le problème de la péréquation des recettes des collectivités. Le système actuel d’impôts locaux ne permet pas une équité entre les territoires, et la péréquation de l’Etat ne fonctionne bien que lorsque l’Etat est riche. Hier, une commune au cœur du massif du Forez n’avait pas les moyens financiers de se développer seule, aujourd’hui se pose la question de ses capacités financières à assumer les charges courantes dont elle a la responsabilité. Le système de répartition des impôts fait que les communes riches ont de plus en plus de moyens, celles qui sont pauvres ont de plus en plus de difficultés. Sans une réforme en profondeur de la fiscalité locale, l’équité entre les habitants du territoire français ne pourra pas être réel. Un autre effet de la dépendance territoriale est la capacité dont dispose un financeur à orienter les actions du territoire qu’il finance, même si la loi affirme que les territoires sont autonomes dans leur administration. Les contrats de Pays en sont une bonne illustration. En Bourgogne, une part de l’enveloppe doit être affectée à des actions relevant des priorités régionales, l’autre pouvant être affecté à des actions d’intérêt local. Si on veut bénéficier de l’enveloppe, on doit traiter les sujets prioritaires pour la Région. Ce type d’obligation n’est pas forcément négatif. En effet, nombreuses dynamiques territoriales ont été suscitées par des procédures telles que les contrats de Pays ou les programmes LEADER par exemple. Ainsi donc, dans certains cas, c’est la procédure qui déclenche la dynamique de développement territorial. Le développement territorial raisonné Imposées ou volontaires, les dynamiques de développement territorial se multiplient. Les modalités de construction et de mise en œuvre sont variées. Elles sont généralement issues d’un processus de consultation et/ou d’association de la population à la définition d’un projet de territoire à moyen ou long terme. Chaque action est raisonnée dans un système transversal d’actions contribuant toutes à une même finalité. Une évaluation permet de vérifier la plus-value apportée par ces actions, les procédures sont enchaînées les unes après les autres, généralement managées par un agent de développement. C’est l’espace (le territoire géographique et politique) qui conditionne l’action. Le développement local Une dynamique de développement local me semble être une étape possible du développement territorial. Je pense que dans le cas du développement local, ce sont les Hommes qui conditionnent l’action. Dans une situation de crise, de malaise, une communauté d’Homme s’associe, se rencontre, réfléchisse collectivement pour trouver une ou plusieurs solutions à leur problème commun. Ils la mettent souvent en œuvre de façon autonome, sans se plier aux exigences des partenaires financiers potentiels. Cela a été le cas de la vallée de la Soule au Pays Basque lorsque il y a une trentaine d’années, l’entreprise d’abattage et de transformation des moutons quitte la vallée, mettant en péril la communauté paysanne. Les agriculteurs se sont mobilisés et ont mis en œuvre des solutions collectives adaptées à leur besoin. Les élus se sont emparés de cette dynamique. Les acteurs de ce mouvement citoyens ont été associés aux processus de réflexion suivant. Certains ont été à leur tour élus. Le territoire est entré dans une dynamique de développement raisonné. La dynamique de développement local est donc une dynamique éphémère ou pour le moins cyclique. Elle se nourrit de la mobilisation d’un groupe d’individus ayant une problématique commune et une volonté ou nécessité de la résoudre collectivement. Elle se traduit par la mise en œuvre des solutions sans forcément l’appui de financement et de conseils extérieurs. Agent de développement … territorial Ainsi, la présence d’un agent de développement local n’est pas une condition pour la mise en œuvre d’une dynamique de développement local. Loin s’en faut ! Il me semble que l’appellation « agent de développement local » doit impérativement être remplacée par « agent de développement territorial ». La fonctionnarisation du métier est un argument fort en faveur de ce changement. Le rôle des agents de développement est le plus souvent de gérer une procédure décidée ou imposée au territoire pour lequel il travaille. Il a parfois un rôle de négociateur ou de médiateur car il a la capacité à mettre autour d’une table les protagonistes d’un projet favorisant la construction collective. Il a aussi le devoir de créer les conditions favorables pour que les hommes et les femmes puissent construire collectivement les solutions à leur difficulté. Il est alors formateur. Des hommes et des femmes à éduquer La dynamique de développement local est en effet plus aisée lorsque des habitudes de partage et de travail collectif existent. Toutes les actions qui concourent à créer du lien entre les habitants d’un même espace géographique sont donc favorables au déclenchement de cette dynamique. Certaines actions d’éducation populaire sont, me semble t il, adaptées à cela. Il revient à l’agent de développement de justifier la plus value apportée par ce type d’actions pour qu’elles perdurent dans le temps. Et ce n’est pas le plus facile ! (voir point 1). |
Introduction au séminaire ADELS/UNADEL Ajouté le 20/08/2007 - Auteur : GEANTS
Seule la délibération démocratique sur les finalités du “vivre ensemble” fonde l’exercice d’un pouvoir légitime par Martine Theveniaut
(Contribution au débat du 5 juillet coanimé par l’ADELS et l’UNADEL)
Question 1 : La démocratie participative : quel sens lui donnons nous aujourd’hui ? Quelles ambitions nos réseaux souhaitent-ils porter au niveau national comme dans l’évolution des pratiques ? a) Définition et diagnostic Ce qui se passe est une mutation considérable dont la prise de conscience est difficile. Le retour de la paix dans les années 1950 a renvoyé dans l’ombre les rapports de force qui ont installé la prospérité dont a bénéficié le monde occidental. Les déséquilibres planétaires, les désastres humains et écologiques sont le revers de la même pièce. Mais, dans ces quelques décennies, nous avons perdu le mode d’emploi et la maîtrise d’une grande partie des choix nous concernant. Notre pensée critique, notre vision lointaine se sont assoupies. L’aliénation de nos pouvoirs créatifs est devenue « l'alliée de nos propres fossoyeurs ». Quand le moteur de l’intégration sociale est tombé en panne, vers les années 1970, nous avons dû réapprendre les solidarités actives, sans réussir pour autant à enrayer l’exclusion. La radicalité du changement, c’est affirmer dans les actes que « résister c’est créer ». C’est une voie de développement personnel, de renouvellement social et d’approfondissement de la démocratie. C’est une perspective de sortie par le haut, pour donner tort aux litanies d’un « individualisme qui tue le collectif ». Le collectif est en vrac. Quelles sont les finalités du vivre ensemble ? L’organisation des solidarités humaines est une question essentielle dans un monde où plusieurs milliards de personnes ont à partager des ressources limitées. La finalité partagée peut être définie simplement comme la perspective de bien vivre ensemble aux mêmes lieux, dans un monde durablement vivable pour tous. La délibération démocratique, seule à pouvoir fonder l’exercice d’un pouvoir légitime Dans les années 80, la référence autogestionnaire a perdu de sa vigueur et de sa crédibilité en entrant dans l’orbite du programme de gouvernement d’union de la gauche, sauf au PSU où elle a continué d’être discuté « pour de vrai » comme une autogestion pratiquée. La prise de pouvoir d’État reste l’horizon indépassable des partis, de gauche comme de droite, rejoints en cela par la gauche antilibérale. Ils ont en commun d’en faire le préalable à tout « vrai » changement. C’est une des confusions à lever pour que les réseaux d’acteurs du développement local sortent de l’ornière et s’affirment autonomes. Le droit civique se prononce sur les idées des autres, déjà débattues par les professionnels dans les assemblées représentatives « supra ». La démocratie participative détourne l’attention de la crise fondamentale de la démocratie, plutôt qu’elle ne permet d’y remédier. La délibération, qui est l’une des fonctions les plus nobles de la démocratie, est de fait inexistante, capturée sans que l’on sache d’ailleurs s‘il reste un pilote dans l’avion. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls à produire et à garantir le bien commun. Ils ne sont pas prédisposés à recomposer des réponses, adaptées aux problèmes qui se posent à l’échelle des territoires de la vie quotidienne, car ils sont segmentés. À chaque nouveau problème social, l’annonce publique solennelle d’un nouveau « droit à » est faite pour combattre ce qui reste pensé en termes de handicap (social ou territorial). Personne ne se sent pour autant investi de la responsabilité de faire vivre ce « droit » dans la durée. La priorité peut fluctuer sans que le but soit atteint. Il n’existe pas de vision prospective, pas d’anticipation des finances publiques dédiées sur le moyen terme. On reste dans la gestion. Trente ans de « politiques actives pour l’emploi », de droite et de gauche, n’ont pas enrayé l’exclusion, malgré des moyens considérables. La rigidité du système s’est renforcée du fait de l’afflux du nombre et de la complication qui compartimente et renvoie chacun à un seul morceau de la solution. En fait, le système n’est pas conçu pour le service de ceux à qui il est destiné, tout simplement parce qu’il ne part pas de leurs ressources, mais les considère à charge. Soutenir la personne du côté de ses atouts pour qu’elle reprenne sa vie en mains est une philosophie de l’action dont il faut définir les prémisses pour changer de cap. Si des luttes sociales vigoureuses ont autrefois contribué aux avancées sociales et à l’équilibre des pouvoirs, il serait périlleux aujourd’hui de placer tous ses espoirs entre les mains des pouvoirs publics. L’État se soumet de plus en plus aux injonctions des pouvoirs économiques, externalise les coûts sociaux et environnementaux résultant d’une logique d’omni consommation. Il recule dans l’exercice de ses missions de garant d’une redistribution et d’une protection des plus vulnérables de nos concitoyens. Le déficit de contrepouvoir démocratique adapté à notre temps est flagrant. La captation de l’inventivité sociale Le bilan de trente ans d’expérience montre que l’inventivité sociale des simples citoyens, des habitants ou des « communautés de base » est captée et employée comme une ressource énergétique (immatérielle, la plus précieuse de toutes), transformée en roue de secours, en procédure ou en « belle pratique » scrutée comme l’oasis dans le désert. Elle entretient des pouvoirs établis de sorte que rien ne change sur l’essentiel et la tendance à revendiquer de la reconnaissance, la dépendance financière, la concurrence entre acteurs locaux, plutôt qu’à concentrer les énergies sur la constitution et la consistance propositionnelle de contre-pouvoirs démocratiques solides. b) L’ambition des réseaux concernés par l’ancrage territorial du changement Comment éviter de laisser faire par incapacité de savoir comment faire autrement ? Comment permettre aux différents types d’acteurs d’apporter leur quote-part de réussite à la production du bien public ? Pistes en restant au niveau assez général « d’aller dans le sens de... » en sachant qu’il s’agit d’une transformation déjà amorcée qui demandera du temps. Mais que courir derrière l’urgence et les calendriers qui ne sont pas les siens ne fait qu’approfondir le fossé. La participation c’est prendre du pouvoir par l’action pour faire exister des contre-pouvoirs ainsi que des amorces de réponses opérationnelles aux questions du vivre ensemble. Le danger (mortel) est l’absence d’autonomie de la société civile. Depuis Seattle, elle est reconnue, formellement en tous cas, du local à l’international et appelée à des partenariats tri-sectoriels où elle représente le troisième pilier aux côtés de l’économique et du politique (avec lequel elle ne se confond pas). § Quel est le projet que nous voulons porter pour vivre ensemble ? Ouvrir ou rouvrir des espaces de débat public autonomes avec les gens tels qu’ils sont, pour qu’ils se réapproprient la compréhension des choses et la place qu’ils peuvent y prendre. Veiller à l’autonomie de ces espaces par rapport aux influences financières et politiques, y compris celles des partis. Il y a des temps et des lieux pour porter de façon juste des affirmations et des propositions. C’est un apprentissage. § Encourager et accompagner la prise du pouvoir par l’action. Le pouvoir n’est qu’une illusion s’il ne peut pas être utilisé concrètement, c’est-à-dire s’il ne permet pas de passer à l’action pour effectuer les changements souhaités. Assortir la décision collective partagée d’un véritable chemin de mise en pratique, avec des engagements et des indicateurs pour « se rendre compte » et « rendre compte » des jalons. § Reformuler les mandats sociaux pour qu’ils reflètent la réalité. Un mandat social est détenu « en raison » et « à raison » d’une mission définie. L’ébranlement de la société salariale et du fonctionnement démocratique font porter à des organisations collectives exsangues une fonction de représentativité qu’ils n’incarnent plus. Tandis que des catégories entières de personnes sont privées de mandats sociaux car elles ne rentrent pas dans les cases : les sans logis, les sans papier (les réfugiés), les sans autonomie (personnes âgées, dépendantes, malades, handicapées...), les sans travail (les chômeurs, mais aussi les retraités), les sans revenu (les pauvres, les habitants des bidonvilles des grande métropoles du monde). Cette partition est proprement explosive. Elle est illégitime, même si elle est légalement inscrite dans des textes. On ne peut pas imaginer retenir dans l’inexistence la majorité de la population ( d’un pays, et à fortiori du monde) sans conséquences ravageuses pour tous. Question 2 : Le développement durable : quelles contributions nos réseaux peuvent apporter à sa diffusion, à son appropriation et à sa mise en œuvre ? Quels sont les besoins des territoires ? Tous les biens (dont les ressources naturelles font partie) ne sont pas des marchandises, mais on ne sait pas faire la différence entre eux, ni qualifier au regard de quoi déterminer leur valeur et gérer leurs usages. Ce qui empêche de sanctionner les abus de position dominante et met en péril la survie de l’humanité. La pensée des relations aux lieux est en souffrance, qu’il s’agisse des relations entre les personnes, entre les territoires, ou celles des territoires avec leur environnement naturel. Cette question est à part entière reliée à celles d’une « alterlocalisation ». La mondialité s’est installée. Elle fait bouger les frontières géographiques et mentales, entame identités et appartenances, entraîne des migrations d’une ampleur considérable. Elle déplace et transforme les activités économiques et les usages sociaux de l’espace, ceux où chacun vit au quotidien. Quand bien même nous rêverions de mondes séparés dans l’intention de rester indemnes de l’évolution générale, ce n’est tout simplement pas possible. Oui, l’interculturalité est le destin des peuples, mais pas n’importe comment, car il s’agit de devenir soi et de vivre ensemble, aux mêmes lieux, « entre frères de sang et cousins de fortune ». C’est un euphémisme de dire que l’intérêt soudain pour le développement durable n’est pas, en France, le produit d’une mobilisation véritablement spontanée de la société civile, ni même de la majorité des élus ou des acteurs locaux. Le concept doit sa construction et sa diffusion à une poignée de scientifiques et de responsables institutionnels qui ont su mettre en place les relais nécessaires. Derrière « une rhétorique des bons sentiments », écrit Jacques Theys « le discours du développement durable a pour principale qualité de gommer les contradictions qu’il énonce pour ne pas avoir à les résoudre ». Une enquête de 1995 est sans équivoque sur le diagnostic. Les tendances les plus préoccupantes pour le développement durable en France sont clairement les enjeux liés à l’aménagement du territoire, à la périurbanisation, à l’explosion de la mobilité, à la ségrégation urbaine, aux inégalités entre les communes. Ces phénomènes sont décisifs, bien avant l’industrie ou même l’énergie. Au lieu de l’articulation espérée entre le local et le global, on assiste à une autonomisation des démarches. Les intérêts de l’actionnaire, de l’habitant ou du salarié ne sont pas forcément les mêmes. Il ne faut pas gommer la dimension essentiellement politique du développement durable (les finalités du vivre ensemble), inséparable d’une gestion des contradictions. « Ce qui devrait être au cœur de la démarche, c’est l’obsession constante de créer des passerelles, de tisser des coutures entre le local et le global, le sectoriel et le spatial. Les outils existent. Il leur manque une visée stratégique et une révolution copernicienne dans nos représentations de l’espace. En s’inspirant de la « topologie », et non des figures classiques de la hiérarchie ou du réseau, en accordant une place centrale à la singularité des lieux (aux spécificités géographiques ou aux potentiels locaux) et aux articulations qui les relient, on peut aller de proche en proche à l’espace global ». Pistes pour « aller vers » : Apprendre à construire des systèmes d’action composites reliés par des finalités, une stratégie, des outils, une volonté politique, une opérativité locale. Les réponses globales ne sont viables que si elles s’inscrivent dans les territoires de vie. Les autorités locales, avec les habitants qui s’organisent pour trouver des réponses à leurs problèmes et à leurs aspirations, sont appelés à devenir des acteurs sociaux majeurs, alors qu’ils ont pour le moment un rôle subsidiaire. Il faut s’y préparer. Et là, on a bien besoin de s’allier entre société civile, acteurs du monde politique et avec ceux des acteurs économiques qui commencent à y venir, pour faire poids. Question 3: Où en sont les dynamiques territoriales ? Quels sont leurs besoins ? Comment mieux les soutenir ? Par la force des choses et par solidarité, des forces sociales ont commencé à organiser pour survivre, résister et tenter de changer l’ordre des choses. La solidarité, tout comme le développement local, ne se décrètent pas, ils s’organisent. Il semble que ce soit à l’échelon le plus local que t les résistances au changement sont les plus têtues. L’organisation autonome et propositionnelle des forces vives locales est difficile dans une durée suffisante pour produire des résultats tangibles. Les relations de coopération avec des interlocuteurs décisionnaires sont longues à installer et portent rarement sur des questions d’orientation de fond sur le devenir du territoire. La loi Voynet reste une avancée trop exceptionnelle et bien édulcorée ! À d’autres échelons, ce n’est pas plus facile, parce que relativement peu de personnes font le chemin de sortir du local pour aller voir comment ça fonctionne aux étages au-dessus, et en interaction dans d’autres mondes que le leur. La société civile et ses réseaux sont divisés. L’information utile ne redescend que très rarement jusqu’à « ceux qui font » pour qu’ils s’en saisissent, en temps voulu, sans (trop) d’intermédiaires sur le passage. Trop de techniciens de développement local, agissant pour le compte d’autorités poursuivant chacune leurs fins institutionnelles, ne facilite pas non plus les recompositions territoriales. Tout cela met en danger la vitalité d’une prise en charge collective qui repose, en dernier ressort, sur la participation et la prise de responsabilité des gens. Or, c’est bien plus coûteux de passer en force que de prendre le temps de faire avec les gens. On va payer très cher d’avoir à le redécouvrir. Le nimby, même « démocratiquement » décidé, demeure une menace pour réussir les conciliations et partager les dégâts d’une croissance mal maîtrisée ! L’échelon national est le plus difficile à faire vivre d’une façon authentique et autonome, il est coincé entre un « infra » qui s’organise à l’épreuve des relations entre des personnes qui se connaissent (et apprennent à se supporter pour atteindre un objectif de résultats mutuellement bénéfique) et un « supra » qui est devenu déterminant du possible. Le pouvoir restant au local est mince au regard de ce qui ne dépend pas de lui. On ne le dit pas trop. Ça oblige, en outre, à ruser pour obtenir quelque chose plutôt qu’à débattre du fond, avec les meilleures intentions de sauver ce qui peut l’être, à ses propres yeux. Cercle vicieux. Du coup la question, ce serait : - se dire ce qu’on veut vraiment faire ensemble - et faire ce qu’on dit !! - chercher comment rapprocher les points de vue sur des objectifs de résultats, et des responsabilités partagées - se relier avec d’autres, en intégrant les dimensions externes des choix pour ne pas louper la dimension générale (ou globale) de l’interpellation publique, qui affirme les conditions nécessaires pour servir le bien commun que nul de détient seul. Le bilan de trente ans d’une pratique de recherche au service de l’action débouche sur une réponse partielle, parmi d’autres possibles. Elle se caractérise par le fait d’être délibérément située du côté des ressources, plutôt que des handicaps à combler (tonneau des Danaïdes). Des solidarités actives et ingénieuses ancrées aux lieux constituent les prémices d’une alterlocalisation. Elles prennent le problème de l’intégration à bras le corps, depuis la conception jusqu’à la mise en œuvre concrète d’une offre sociale ouverte à d’autres. La finalité partagée est la perspective de bien vivre ensemble aux mêmes lieux, dans un monde durablement vivable pour tous. Passer de l’idée à l’action, dans une forme concrète, opérative, c’est apprendre la culture du débat, éprouver l’utilité sociale d’un résultat, au-delà du retour espéré pour soi-même. Si tout le monde ne dispose pas des ressources personnelles (ou sociales) pour se situer à l’origine d’un projet collectif de cette nature, ceux qui y sont associés peuvent s’en saisir à leur mesure. C’est le point de départ d’une dynamique de développement personnel et de renouvellement social. Elle augmente le pouvoir d’action collectivement disponible. Chacun gagne en autonomie, à l’épreuve de ses engagements. Ils deviennent sociaux et collectifs, par l’affirmation, dans différents contextes de vie, d’un même refus d’accepter l’injustice comme une fatalité, de façon singulière et plurielle. Cela signifie de traverser les doutes et les peurs, d’imaginer, de se représenter un autre possible, de prendre ses distances avec la norme, bref de réveiller des pouvoirs créatifs assoupis et reprendre du pouvoir sur ses actes. Il se démultiplie dans des relations horizontales et affinitaires en réseaux à d’autres échelles. Les anglophones désignent ce processus par le terme d’empowerment. Si peu usuel en français qu’il n’est pas traduisible ! Gros plan sur une dynamique dans le Sud de l’Aude : C’est une illustration sans prétention à la réponse. C’est un apprentissage partagé, suite à un déménagement en 1985. Dans la situation d’un rural dévitalisé, le désir d’une vie de qualité est un moteur énergétique de l’inventivité dans l’Aude (D’autres territoires en ont trouver d’autres). Des natifs se refusent à l’exode parce qu’ils se sentent ici chez eux et veulent régénérer la culture des lieux auxquels ils sont attachés. De nouveaux résidents prennent le risque de sortir des sentiers battus pour changer de cadre de vie. Ils explorent le moins pourvu que ce soit mieux, créent des activités car les offres d’emplois sont peu nombreuses. Ils installent des réseaux sociaux pour s’entraider localement, souvent reliés avec l’extérieur pour réussir à vivre économiquement de leur initiative. Du choix singulier à la minorité statistique, ils contribuent à enrayer la dépopulation et renouvellent le tissu économique en même temps que la vie culturelle. Certes, la somme de projets individuels ne garantit pas automatiquement un développement localement viable ou durable. Mais vivre aux mêmes lieux dans des conditions choisies, constitue un atout pour surmonter des divergences de vues afin d’atteindre, ensemble, des objectifs de résultats au bénéfice commun du territoire. À partir de cet exemple et d’autres qui sont en cours dans d’autres lieux, c’est en fait d’une autre culture du changement social qu’il s’agit. Il affirme la méthode comme un choix éthique. Le « pourquoi faire » et le « comment le faire » sont inséparables et se traduisent ensemble dans un « pour faire quoi ». Remettre les choses dans l’ordre, c’est se mettre sur le bon pied pour marcher, c’est agrégatif. La radicalité de ce changement est d’être porté humainement par des sujets s’éveillant à eux-mêmes, à telle ou telle occasion de leur vie : une étape dans l’âge, l’expérience, une mise à l’épreuve qui révèle des ressources insoupçonnées, voire une réaction salutaire à un traumatisme collectif. Chacun est amené, dans ces circonstances, à remettre en question des standards de vie, des conduites sociales qui aliénaient jusqu’alors des pouvoirs créatifs. Certains sujets ne s’en tiennent pas à la réforme de leur propre existence. Ils ont le désir de partager leur découverte. Au départ de toute invention collective, il faut quelqu’un qui engage sa confiance, jusqu’à de premiers résultats concrets, pour qu’elle s’installe et suscite le désir de s’associer d’autres personnes. La mise en œuvre autour d’un objectif de résultat enseigne la culture du débat. Des inventions socioéconomiques ancrées aux lieux sont forcément composites et transversales, à multiples parties prenantes. Elles bousculent les sectorialités et les hiérarchies. Elles heurtent des intérêts, particuliers ou collectifs, objectivement différents. Il est impossible d’avancer sans se donner des règles du jeu pour fonctionner ensemble. À la zone de contact entre institué et instituant, elles rendent les insuffisances, voire les défaillances institutionnelles manifestes, de même que les abus de position dominante. Mais elles n’enferment pas les interlocuteurs dans le rôle du fautif. La conflictualité est admise comme partie prenante de la conduite collective, jusqu’au moment de trouver comment la mettre au service d’objectifs de résultat suffisamment communs pour transcender les oppositions. Les compromis acceptables sur lesquels elles débouchent amorcent des régulations de portée plus ample. Cette conduite sociale agrège et intègre. Elle un pouvoir de contagion, car le discours du changement sort de l’abstraction. La parole prise en nom personnel gagne en crédibilité, en autonomie et en poids politique. L’interpellation publique peut alors nommer avec force et avec justesse des obstacles récurrents qui s’interposent ou s’opposent aux avancées, et les étayer de façon circonstanciée avec des arguments. C’est donc une façon de faire compréhensive qui ouvre des horizons, de l’individuel au collectif, du singulier au général. Elle fait comprendre les ressorts de l’action. Les propositions qui en découlent sont en général plus réalistes que les planifications stratégiques, rationnellement pensées hors sol, sans substance ni considérations relationnelles. L’innovation dans la situation actuelle de ce territoire rural, soumis à la déprise économique et à la mondialisation du marché (tourisme international), n’est-ce pas d’apprendre à combiner les atouts et les ressources dont il dispose ? - Le choix de rester, de venir vivre ici, maintient et rajeunit la population, - Des démarches, personnelles ou collectives, acceptent la prise de risque pour sortir des sentiers battus, - Des activités, mises en œuvre par des entreprises, de tailles moyennes à très petites, et par des associations contribuent à répondre aux besoins, aux aspirations des habitants et à mettre en valeur leurs savoir-faire, - Beaucoup de ces activités ont plus besoin, concrètement, de trouver comment « se serrer les coudes », plutôt que « jouer des coudes »...
[1] Analyse présentée dans une thèse: « Des inventeurs sociaux pour des territoires à vivre. Bilan et perspective de trente ans d’une pratique de la recherche au service de l’action » .Doctorat de Sociologie économique dirigée par Jean-Louis Laville, Conservatoire National des Arts et Métiers, 2007 Aubenas, F. et Benasayag, M., 2002, Résister, c’est créer, Paris, La Découverte, Sur le vif, 122 p. Eux-mêmes ont repris cette expression à Gilles Deleuze |
Les assises de l'ingénierie territoriale Ajouté le 20/08/2007 - Auteur : GEANTS
| Tous les acteurs universitaires et professionnels, français et étrangers, qui s’intéressent aux processus de développement territorial mettent en évidence le rôle déterminant de l’ingénierie territoriale dans la mise en mouvement et la gestion des territoires. Tous concluent à l’émergence depuis près d’une vingtaine d’années d’une fonction polyvalente spécifique nouvelle, l’ingénierie territoriale, qui trouve son origine dans la complexité du monde contemporain. Proche des métiers d’ingénieurs par la complexité sur laquelle elle travaille, l’ingénierie territoriale trouve cependant ses différences et sa pleine justification dans son objet de travail, le changement économique et social, au plus près des territoires. Système complexe d'acteurs, l'ingénierie territoriale se tient aujourd'hui au carrefour de nombreuses interrogations : - quelles sont les attentes des territoires ? - la « fracture » territoriale en matière d’offre d’ingénierie : quelle réalité, quelles mesures prendre ?, - l’adéquation des savoir-faire à l’évolution des enjeux en aménagement du territoire : sur quoi faut-il se mettre à jour ?, - la gouvernance de l’ingénierie du développement des territoires : comment optimiser les relations entre les acteurs (publics et privés, entre les acteurs publics) ? - les métiers de l’ingénierie de développement des territoires : diversité ou confusion ?
Les premières assises de l'Ingénierie du Développement des Territoires (IDT) qui se tiendront le 4 juillet à Paris, à la Cité Universitaire, engagerons un travail de fond sur ces questions et réuniront, que ce soit au travers des organisateurs ou des participants, un panel particulièrement large d'acteurs : élus, techniciens de collectivités, de PNR, de pays, centres de ressources, associations de professionnels, services de l'Etat, bureaux d'études, chercheurs...
L'UNADEL et la Plateforme des métiers du développement local sont bien sûr partie prenante de l'organisation de cet événement (notamment l'atelier 4) et vous invitent à vous y inscrire rapidement en vous connectant au site : www.assisesidt2007.com | |
Grenelle de l'environnement Ajouté le 20/08/2007 - Auteur : GEANTS
"Entre la Libye et les lobbies, quelle place pour la négociation ?" Pas de véritable trêve estivale pour les membres des 6 groupes de travail préparatoires au Grenelle de l’environnement. Après une période d’installation pour le moins compliquée, qui a vu plusieurs associations s’interroger sur le mode de désignation des membres des groupes de travail et des fluctuations à répétition du calendrier des réunions, les travaux sont désormais bien lancés. L’heure est à la préparation studieuse de la seconde salve de réunions de début septembre comme nous pouvons le découvrir sur le site gouvernemental créé à cet effet : http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/ Reste à savoir si ce processus relèvera en définitive d’une simple consultation ou d’une véritable négociation. L’exercice est inédit, les lobbies sont bien en place et les intérêts souvent très divergents. Dans ces conditions, le risque est grand de n’aboutir qu’à une série de propositions techniques et fiscales très en deçà de l’ambition affichée. D’ailleurs, les aléas rencontrés lors de la phase d’installation pourraient faire douter même un militant de la Fondation Hulot de la réalité de la volonté politique gouvernementale. Ainsi parler de « révolution écologique » en évacuant d’entrée de jeu la question du nucléaire, qu’on soit « pro » ou « anti », c’est assez étonnant voire peut-être « révolutionnaire » pour certains, mais aller jusqu’à offrir quelques jours après, des réacteurs à la Libye, témoigne décidément d’une conception très particulière des relations avec les associations d’environnement ! D’ores et déjà, plusieurs représentants associatifs participant aux groupes de travail ont exprimé leurs doutes quant au processus en cours et leur détermination à ne pas servir de caution à ce qui pourrait s’avérer n’être qu’une opération de communication. De son côté, l’UNADEL préfère accorder au gouvernement le bénéfice du doute. Car l’enjeu est de taille bien sûr. S’il est urgent désormais de modifier de façon significative nos modes de production et de consommation, il est aussi indispensable de repenser les modes de mise en œuvre et de prises de décision. C’est pourquoi l’UNADEL transmettra dans les prochains jours ses propres propositions au MEDAD pour que « la démocratie écologique », sur laquelle planche plus particulièrement le groupe 5, ne consiste pas, in fine, en un simple élargissement du Conseil Economique et Social au secteur de l’environnement… 
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